
L'accident vasculaire cérébral (AVC) reste l'une des premières causes de handicap chez l'adulte. Pourtant, une grande partie de ces accidents pourrait être évitée. La prévention de l'AVC et la sténose carotidienne sont étroitement liées : le rétrécissement progressif des artères carotides, qui irriguent le cerveau, est une cause fréquente et souvent silencieuse d'AVC. La bonne nouvelle, c'est qu'avec une détection précoce et une prise en charge adaptée, on peut réduire considérablement ce risque. Cet article, rédigé pour les patients du cabinet du Dr Tber à Tanger, explique simplement ce qu'est la sténose carotidienne, comment la dépister et comment la traiter.
Qu'est-ce que la sténose carotidienne ?
Les deux artères carotides, situées de chaque côté du cou, transportent le sang vers le cerveau. Avec le temps, des dépôts de cholestérol et de calcium (la plaque d'athérosclérose) peuvent s'accumuler sur leurs parois et les rétrécir : c'est la sténose carotidienne. Ce rétrécissement pose deux problèmes : il peut réduire le débit sanguin vers le cerveau, et surtout de petits fragments de plaque ou de caillot peuvent se détacher, remonter vers le cerveau et boucher une artère, provoquant un AVC ischémique ou un accident ischémique transitoire (AIT).
La sténose est souvent décrite en pourcentage de rétrécissement. On parle de sténose modérée (50 à 69 %) ou serrée (70 à 99 %). Plus elle est serrée et plus elle s'accompagne de symptômes, plus le risque d'AVC augmente. Cette maladie fait partie des affections vasculaires que nous prenons en charge au cabinet ; vous pouvez consulter notre page dédiée à la chirurgie carotidienne pour en savoir plus.
Les facteurs de risque à connaître
La sténose carotidienne partage les mêmes facteurs de risque que les autres maladies cardiovasculaires. Certains ne se modifient pas (l'âge, les antécédents familiaux), mais beaucoup peuvent être contrôlés :
- L'hypertension artérielle, qui fragilise et abîme la paroi des artères.
- Le tabagisme, qui accélère fortement la formation de plaque.
- L'excès de cholestérol (LDL élevé), à l'origine des dépôts graisseux.
- Le diabète, qui favorise l'athérosclérose.
- Le surpoids, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée.
- L'existence d'autres maladies vasculaires (coronaires, artères des jambes).
Agir sur ces facteurs constitue le socle de la prévention : arrêter le tabac, équilibrer la tension, le cholestérol et le diabète, bouger régulièrement et adopter une alimentation pauvre en graisses saturées. Ce travail de fond protège non seulement les carotides, mais l'ensemble du système cardiovasculaire.
Le dépistage par écho-doppler des carotides
L'examen de référence pour explorer les carotides est l'écho-doppler (échographie-doppler des vaisseaux du cou). Indolore, sans rayons et sans injection, il utilise des ultrasons pour visualiser la paroi des artères, repérer la plaque et mesurer la vitesse du sang afin d'évaluer le degré de rétrécissement.
Il n'est pas recommandé de dépister systématiquement toute la population sans symptôme ni facteur de risque. En revanche, un écho-doppler peut être proposé aux personnes présentant un risque accru, par exemple en cas de maladie coronarienne ou artérielle connue, ou lorsque plusieurs facteurs de risque sont associés. Votre médecin peut aussi le demander s'il perçoit un souffle au niveau du cou à l'auscultation. C'est un outil simple pour décider, au cas par cas, de la meilleure stratégie de surveillance ou de traitement.
Reconnaître les signes d'alerte : le message FAST
Un AVC est une urgence absolue : chaque minute compte pour sauver des cellules cérébrales. L'AIT, parfois appelé « mini-AVC », donne les mêmes signes mais qui régressent en quelques minutes ou heures. Il ne faut jamais le banaliser, car il annonce souvent un AVC plus grave. Le moyen le plus simple de mémoriser les signes est l'acronyme FAST, adopté par les sociétés savantes pour le grand public :
| Lettre | Signe à surveiller |
|---|---|
| F — Face (Visage) | Un côté du visage tombe ou s'engourdit ; le sourire est asymétrique. |
| A — Arm (Bras) | Faiblesse ou engourdissement d'un bras (ou d'une jambe), souvent d'un seul côté. |
| S — Speech (Parole) | Difficulté à parler, paroles confuses ou incompréhensibles. |
| T — Time (Temps) | Appelez immédiatement les secours. Notez l'heure d'apparition des signes. |
D'autres signes peuvent s'ajouter : trouble brutal de la vision, vertige, perte d'équilibre ou maux de tête intenses et inhabituels. Devant l'un de ces signes, n'attendez pas et contactez les secours sans délai, même si les symptômes semblent disparaître.
Le traitement : du médicament à l'endartériectomie
La prise en charge dépend du degré de sténose, de la présence ou non de symptômes et de l'état général du patient. Elle repose sur deux piliers complémentaires.
Le traitement médical optimal
Pour toute sténose, le contrôle des facteurs de risque est indispensable : médicaments contre l'hypertension, traitement du cholestérol (statines), équilibre du diabète, antiagrégant plaquettaire selon le cas, et bien sûr arrêt du tabac. Pour les sténoses peu serrées, ce traitement médical est souvent suffisant et constitue la base de la prévention.
L'endartériectomie carotidienne
Lorsque la sténose est serrée et/ou symptomatique, une intervention peut être proposée pour retirer la plaque et rétablir un bon passage du sang. L'endartériectomie carotidienne est l'opération de référence : le chirurgien ouvre l'artère, retire la plaque d'athérome responsable du rétrécissement, puis referme l'artère. Elle a fait la preuve de son efficacité pour réduire le risque d'AVC chez les patients ayant une sténose serrée, en particulier lorsqu'elle est réalisée de façon précoce après des symptômes. Dans certaines situations, une alternative par voie endovasculaire (pose d'un stent) peut être discutée. Le choix se fait toujours après une évaluation individuelle.
Cette chirurgie s'inscrit dans une expertise vasculaire plus large : vous pouvez découvrir l'ensemble de nos domaines d'intervention sur la page expertise, ainsi que d'autres prises en charge comme la chirurgie de l'aorte ou les techniques mini-invasives.
Bien vivre après la prise en charge
Qu'il s'agisse d'un suivi médical ou d'une intervention, la prévention ne s'arrête jamais. Maintenir une bonne hygiène de vie, prendre régulièrement ses traitements et réaliser les contrôles écho-doppler recommandés permet de surveiller l'évolution et de protéger durablement le cerveau. Un suivi régulier reste la meilleure assurance contre la récidive.
Vous présentez des facteurs de risque, un souffle cervical ou vous avez eu des symptômes évocateurs d'un AIT ? Une évaluation spécialisée permet de faire le point sereinement. Le cabinet du Dr Tber à Tanger vous accompagne dans le dépistage et la prise en charge de la sténose carotidienne : prendre rendez-vous.
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